Votre page de réservation, votre fiche Google et votre compte Instagram disent ce que vous faites. Pour un praticien bien-être, deux textes de loi fixent les limites de ce qu'on peut y écrire : l'article L4161-1 du Code de la santé publique, qui définit l'exercice illégal de la médecine, et l'article L121-2 du Code de la consommation, sur les pratiques commerciales trompeuses. Ni l'un ni l'autre n'interdit votre activité. Ils interdisent certains mots. Cet article les passe en revue et propose des formulations qui disent la même chose sans franchir la ligne.
Le premier texte : ne pas donner à croire que vous soignez
L'article L4161-1 du Code de la santé publique vise toute personne qui prend part habituellement à l'établissement d'un diagnostic ou au traitement de maladies sans être médecin. La frontière ne passe pas par ce que vous faites en séance, mais par ce que vous annoncez : un texte qui promet de traiter une pathologie, d'établir un bilan de santé ou de remplacer un suivi médical vous expose, même si vous ne le pensez pas ainsi. Les mots qui posent problème sont connus : « soigne », « traite », « guérit », « diagnostic », le nom d'une maladie suivi d'un résultat.
Ce que vous pouvez écrire, c'est ce que vous faites réellement : accompagner, proposer un temps de détente, aider à mieux vivre une période, travailler la respiration, le sommeil, le stress du quotidien. Et ce que vous n'êtes pas : une phrase du type « cet accompagnement ne remplace pas un avis ni un suivi médical » protège vos clients autant que vous.
Le second texte : ne rien affirmer que vous ne puissiez prouver
L'article L121-2 du Code de la consommation qualifie de trompeuse une pratique commerciale qui repose sur des allégations fausses ou de nature à induire en erreur, notamment sur les résultats attendus d'un service, sur les qualités ou les aptitudes du professionnel, ou sur ses titres. Trois cas reviennent souvent chez les praticiens : les résultats garantis (« efficace en trois séances », « 95 % de satisfaction » sans étude), les titres embellis (« certifié », « diplômé », « agréé » quand il s'agit d'une formation privée), et les avis arrangés.
Présenter sa formation sans se mettre en faute
Aucun de ces métiers n'a de diplôme d'État : sophrologie, naturopathie, réflexologie, soins énergétiques relèvent de formations privées, dont certaines sont enregistrées au répertoire national des certifications professionnelles. La formulation sûre est factuelle : le nom de l'école, l'année, le volume d'heures, la certification si elle existe et son intitulé exact. « Formé à la sophrologie à l'école X, cursus de 300 heures, 2023 » dit plus qu'un « diplômé » qui ne repose sur rien d'officiel.
Les avis : seulement les vrais
Un avis publié doit venir d'une personne qui a réellement été reçue. Les avis rédigés par vos soins, ceux de proches ou ceux d'une autre activité tombent dans les allégations trompeuses. Sur RendV, un avis ne peut être déposé qu'après un rendez-vous honoré, ce qui règle la question. Sur votre fiche Google, répondez aux avis, ne les sollicitez pas contre un avantage.
Formulations : avant, après
- « Je soigne les troubles du sommeil » devient « J'accompagne les personnes qui dorment mal, avec des exercices de respiration et de relaxation à refaire chez soi ».
- « Bilan de santé complet » devient « Un premier entretien d'une heure trente pour faire le point sur vos habitudes de vie ».
- « Traitement de l'anxiété en 5 séances » devient « Un accompagnement de 5 séances autour du stress du quotidien ».
- « Naturopathe certifié » devient « Formé à la naturopathie, école X, 2022, certification Y ».
- « Résultats garantis » disparaît : décrivez la séance, pas sa promesse.
Sur votre page RendV, concrètement
Votre présentation, le nom et la description de chaque prestation sont lus par vos futurs clients et par les moteurs de recherche. Décrivez le déroulé d'une séance, à qui elle s'adresse, ce qu'on apporte, combien de temps elle dure. Nommez la première séance et le suivi. Ajoutez la phrase sur l'avis médical. C'est honnête, c'est lisible, et c'est ce qui rassure quelqu'un qui ne vous connaît pas encore.
Questions fréquentes
Puis-je écrire le mot « thérapie » ou « thérapeute » ?
Rien ne l'interdit en soi, mais il rapproche votre texte du champ médical, surtout associé au nom d'une maladie. Préférez décrire ce que vous faites : accompagnement, séance, pratique. Le titre de psychothérapeute, lui, est protégé et réservé.
Puis-je citer des bienfaits reconnus de ma pratique ?
Vous pouvez décrire ce qu'une séance propose et ce que les personnes viennent chercher. Évitez les chiffres sans source, les résultats garantis et le nom d'une pathologie suivi d'une amélioration : c'est là que l'allégation devient trompeuse.
Que risque-t-on concrètement ?
L'exercice illégal de la médecine et la pratique commerciale trompeuse sont tous deux des délits. Dans les faits, le premier signal est souvent un signalement ou un contrôle : autant écrire juste dès le départ.
À lire ensuite
Un cabinet de praticien bien-être n'a pas les contraintes d'un institut : séances longues, première séance à part, suivi sur plusieurs rendez-vous, cabinet partagé, séances à distance. Les sept critères qui comptent vraiment, et les questions à poser avant de choisir.
LireLes trois offres RendV expliquées par situation : indépendant qui démarre, cabine installée avec cartes cadeaux et fidélité, institut avec équipe ou plusieurs adresses. Ce que chaque palier débloque, ce qu'il coûte, comment changer.
LireUne esthéticienne qui accueille un masseur indépendant dans sa cabine, deux indépendants qui partagent un local, ou un premier salarié : comment organiser les agendas, les accès et les espaces sans que tout le monde voie tout.
Lire